Mon Marathon de Paris avec Thomas Fantini

Je cours le marathon avec mon Coach !

Par Coralie Belmère

paru dans le Joggeur #27

Même si cette épreuve devient de plus en plus à la mode, courir un marathon ce n’est pas une mince affaire. Courir 42,195 kilomètres sans prendre de risque pour son intégrité, ça se stratégie.

C’était sur le marathon de Toulouse 2016 que Thomas s’était engagé à courir auprès de la Team Joggeur Odlo mais la vie professionnelle est faite d’impondérables, et il lui a été impossible de suivre la préparation avec nous. Néanmoins il tenait à respecter l’engagement commun de la Team Toulousaine devenue très soudée au cours des 4 mois de préparation des marathons d’automne 2016. C’est donc le Marathon de Paris 2017 qu’il décide de courir pour gagner le précieux sésame, la médaille du Marathon de la Team Joggeur Odlo (aujourd’hui baptisée le Odlo Joggeur Club)! Mais pour se faire dans les meilleures conditions possibles, je me suis engagée, comme précédemment sur Toulouse et La Rochelle, a l’y accompagner. Voici donc #notrestory !
ÉTAT DES LIEUX :

Thomas, issu du monde du rugby, jeune papa et chef d’entreprise restaurateur, le bilan à l’heure de la préparation, se découpe comme suit :

Les contraintes :

  • Un état de santé physique très mitigé
  • Un emploi du temps over chargé. Propriétaire de plusieurs établissements sa vie est rythmée au grès des horaires inversées et des nuits courtes dues aux « mondanités » de circonstances : apéro, déjeuner, dîner, soirées, dégustations fournisseurs, etc.
  • Une vie de famille organisée autour de sa princesse qui demeure une priorité dans la vie de Thomas

Les avantages :

  • Issu du monde du Rugby professionnel Thomas est un sportif accompli
  • Il a déjà couru par deux fois le marathon de NYC, et une fois celui de Paris (toutefois son dernier 42km date de 2011), il connaît donc l’épreuve.
  • 42 ans, Thomas n’est pas vieux, un âge parfait pour honorer les kilomètres du marathon !
  • Entrepreneur, il a la niack de commencer et de finir (pas des moindres avantages dans cet épopée)

Sa devise préférée :

« On est une équipe, on est monté ensemble dans le bus, on fini ensemble ! »

La préparation :

Nous n’avions pas beaucoup de temps pour préparer cette épreuve et notre stratégie se devait d’être la plus optimale possible, le plan d’entraînement établi en concordance avec les semaines chargées de Thomas, pouvait se moduler autour de ces 4 types de séances (que nous essayons de placer à raison de deux par semaine) :

  • Séance qualité au club :

Les séances qualités consistent à améliorer les « qualités » pures du Joggeur. Séances de fractionné, de seuil, de dénivelé, etc, toutes ont pour objectif de vous faire progresser en VMA (vitesse maximale aérobie) et de rendre votre corps et votre organisme plus fort dans l’effort. Ces séances peuvent s’envisager en extérieur, sur piste, en stade ou même en salle. Et oui, même si beaucoup d’entre vous l’envisagez avec difficulté, dans une optique pratique de gain de temps quand votre emploi du temps est collé-serré, le tapis de course reste votre meilleur allié ! Aussi souvent qu’il l’a pu, Thomas est venu en accès-libre à Gallery C, effectuer les programmes cardio mis au point au fur et à mesure de ses progressions mais aussi de ses breaks imposés.

  • Renforcement musculaire

Aujourd’hui nul n’est censé ignorer que l’amélioration des qualités physiques, de tous types de sportifs confondus, passent par la préparation physique en salle de remise en forme. Aussi sur des RDV coaching les plus réguliers possible, Thomas se plie au programme que je lui préconise. Renforcement des muscles moteurs de la course à pied, que l’on situe à très juste titre, dans les membres inférieurs mais aussi de l’ensemble du corps. En effet, si les mollets et les ischios propulsent la foulée du Joggeur, une bonne posture des membres supérieurs optimise l’ouverture de la cage thoracique qui gère la respiration et donc l’apport d’oxygène essentiel aux muscles pour la contraction et la résistance à l’effort.

MihaBodytec :

Vous en avez déjà entendu parler sur nos récentes parutions de Joggeur. L’ems dite l’électro myo stimulation, comprenez la stimulation des muscles par un courant électrique, est de plus en plus populaire dans le commun des sportifs. Vieille comme le monde, les Kinés l’utilisent depuis toujours à des fins thérapeutiques et de réhabilitation musculaire après blessures et/ou immobilisation ayant entraîné une fonte de la masse musculaire par le biais d’un outils bien connu dans ce domaine, le Compex, que j’affectionne beaucoup aussi. Note que MihaBodytec se positionne sur une utilisation de l’ems différente, puisque le concept se veut actif et global. Oubliez donc l’idée de laisser la machine faire pendant que vous vous prélassez devant les dernières séries TV à la mode sur votre sofa… ici c’est bien de votre contraction volontaire dont la MihaBodytec a besoin pour la sublimer. Rester inactif rend l’exercice inefficace, désagréable et sans aucun intérêt, à contrario, être contracté durant la stimulation électrique permet 100% de recrutement des fibres musculaires dans l’ensemble du corps et simultanément. Autrement dit, l’équivalent de 4:00 de travail en centre de remise en forme; tant est qu’on puisse parler d’équivalence, quel super héros peut utiliser toutes les machines de la salle pour solliciter l’ensemble des groupes musculaires dans un même temps ? Et en sollicitant de surcroît les muscles profonds ? Appel à Marvel, ce super héros n’existe pas encore #marveltodolist

L’utilisation de cette méthode dans notre plan d’entraînement permet à Thomas de réaliser un renforcement musculaire efficace dans un temps très bref de 20′ (aller, 30′ avec le temps d’équipement), contre 1:00, 1:30 sur une séance classique avec les appareils muscu. De surcroît ça lui permet de solliciter la musculature profonde ( entendez bien 100% de recrutement des fibres musculaires), autrement dis les couches musculaires les plus proches de l’os qui maintiennent le corps et dont dépend votre posture ! À bon entendeur… la MihaBodytec est un excellent compromis et/ou complément de l’entraînement classique PPS comme PPG.

4) Sortie Longue :

Il y a plusieurs écoles pour la pratique dite de « la sortie longue » et je n’en contrarierai aucune. Certains préfèrent ne pas cumuler plus de 1:30 de sortie pour ne pas contrarier la masse musculaire (une fois que les énergies glucides et lipides se mettent en réserve, c’est au tour des protides de fournir de l’énergie. Dans ces conditions on entame directement la masse musculaire par la protéolyse, ce qu’on ne préconise pour aucun mortel, alors encore moins pour le sportif qui la sollicite à l’extrême dans toutes ses pratiques. On dit qu’après 1:30 c’est ce qu’il se produit inexorablement). La vieille école veut qu’un mois, 3 semaines max avant l’épreuve du Marathon, l’athlète ait effectué une sortie de 31 km. Physiologiquement et psychologiquement (surtout), ça nous permet de tester et de dépasser ce que l’on appelle communément « le mur du marathon ». Notez que les séances matinales effectuées à jeun sont d’une grande efficacité pour entraîner votre corps à la résistance et donc à éviter ce mur où les jambes « se coupent » et où l’effort devient un supplice, jusqu’à devenir insurmontable quelque fois… fin de l’épreuve sans gagner la médaille et dans un état souvent désastreux. Bref, on dit que si cette sortie de 31 km passe à l’entraînement, vous pouvez finir le marathon !

Dans le cas de Thomas, la problématique temps nous a obligé à opter pour la première méthode, plus courte et plus aisée à placer dans la programmation de Thomas (note quand même que je suis une pratiquante avisée du 31km à jour – 30 ou – 21 jours). Nous avons donc effectué une sortie longue de 1:37 pour 15 km à 3 semaines de l’échéance.

5) Dans son cahier de texte, Thomas à noter des devoirs tout au long de sa préparation :

Courir au moins 42 kilomètres par semaine lors de sorties que Thomas peut organiser comme il le souhaite ( 7x 6km, 6 x 7km, 4×11 km, etc.)

Au final, notre préparation est optimale par rapport aux contraintes imposées, malgré tout un peu légère puisque certaines séances ont bien entendu été obligées de sauter.

Mais nous nous engagerons quand même ce dimanche 9 avril au départ du Schneider electric marathon de Paris 2017 !

Le marathon :

Un 20/20 déjà pour la météo. Pas de vent, du soleil et une température agréable au départ. « 57000 coureurs » (nous avait avisée l’organisation par texto la veille) comme nous se réjouissaient de ces bonnes conditions.

J’avais déjà couru ce marathon en 2015 et je n’avais souvenir d’aucune difficultés particulières sur le parcours. Thomas était un peu stressé mais moi comme à mon habitude, positive et confiante, contente d’être là ! J’adore cette distance, cette épreuve, et le partage de celle-ci !

5:06:20 notre satisfaction à l’arrivée était à la hauteur de la difficulté de cette édition. Nous apprendrons plus tard que sur 57000 coureurs seulement 42483 était finisher comme nous. Soit 14 517 coureurs restés sur le pavé et l’expression est ici, plus qu’adéquat. Notre temps n’était pas performant dans la vitesse, mais repartir finalement avec la précieuse médaille semblait déjà être une belle victoire cette année et nous en sommes ravis.

De notre #marathonstory, voici une liste non exhaustive de ce qui nous a séduit et de ce qui nous a déplu sur ce mythique 42km parisien.

Les plus :

  • le salon du running et le village marathon, superbe organisation ! Probablement un des plus
    chouette que j’ai eu l’occasion de faire.
  • la météo splendide
  • le ravito d’eau à la bouteille vitel (les ravitos au verre c’est vraiment pas pratique).
  • l’organisation post ravito avec des poubelles destinées à facilité le maintien de la propreté des rues de Paris, foulées de part en part par les marathoniens
  • Un parcours mythique visitant les 4 coins de Paris, laissant profiter de la vue des plus beaux monuments du monde
  • les pompiers étaient présents sur plusieurs points du marathon et nous
    permettait d’être arrosés d’eau fraîche !
  • Maindru photo bien présent partout sur le parcours, des souvenirs garantis à l’arrivée ça motive encore plus.
  • la médaille dorée du Schneider Electric Marathon de Paris 2017, le Graal !

Les moins :

  • beaucoup de relance, dénivelé positif casse-pattes
  • la signalétique des ravitos : nous avons mis du temps à voir les panneaux qui les annonçaient
  • la présence unilatérale des ravitos. Contrairement à l’organisation classique d’un marathon de cette envergure (et là, je rappelle que nous étions 57000 à prendre le départ), les postes de ravitaillement étaient installés ou à gauche ou à droite, ce qui nécessitait une sérieuse anticipation et stratégie pour pouvoir en bénéficier. Sans compter, je le rappelle, qu’il fallait une attention certaine pour ne pas manquer les panneaux qui les annonçaient…
  • 57000 personnes… autant vous dire qu’entre la chaleur, et les noeuds occasionnés par les groupes, les marathoniens épuisés stoppés ou marchant maladroitement au milieu du trajet, l’ambiance et les esprits s’échauffaient eux aussi. Première fois de ma vie de marathonienne (12 à l’heure actuelle) que je vois et ressens une telle nervosité entre les participants qui n’hésitaient pas à s’insulter… du jamais vu à mon sens, la course à pied m’a toujours démontrée une solidarité et une généreuse humanité entre les coureurs… c’était triste à constater.
  • Un seul ravito Isostar (que j’apprécie beaucoup) où la fameuse marque d’aliments énergétiques proposer une préparation à boire, servie à « la pression » dans des verres à la demande. Nous n’avons pas testé du coup, il aurait fallu s’arrêter pour attendre le service et boire l’énergisant probablement glucosé qui aurait été très appréciable pourtant. Les années précédentes la marque Isostar était très présente sur le parcours. Surprise donc.

Enfin, nous avons simplement vaincu ces 42,195 kilomètres sous un soleil lumineux et chaleureux ce qui était à la fois un merveilleux avantage et une grande difficulté au vue de la chaleur qui s’est installée dans la matinée. Ce Marathon nous a semblait long et plus dur que les années précédentes, au point de se demander s’ils n’avaient modifier le parcours. L’ambiance était mitigée au fur et à mesure des km et du soleil qui semblait taper sur le système des marathoniens parfois en grand combat avec eux mêmes. Mais nous avons surtout partagé un super moment privilégié entre coach et client, mêlant rire de nervosité, et fous rires incontrôlés. Nous avons rempli notre mission de faire et de finir ce Marathon ensemble. L’avantage de courir avec un coach, Thomas vous dira : « Je manage toute la journée et j’ai peu de temps à m’accorder à moi. Ça fait du bien d’être pris en charge à mon tour, sans, pour une fois, avoir à me soucier d’un seul détail de l’organisation. Malgré les impondérables nous avons suivi une stratégie d’entraînement adaptée et flexible. Préparer son Marathon avec un coach vous donne toutes les ficelles pour appréhender au mieux l’épreuve le jour J. Quant à courir le Marathon avec sa coach alors ça c’est un vrai bonus, une marque de soutien extraordinaire qui donne la foi pour tout donner et finir coût que coût ! C’est une super aventure humaine que nous venons de partager ».

Quand à moi je remercie encore une fois Thomas pour la confiance qu’il a mis en moi. Vous accompagner vers un objectif et l’atteindre à vos côtés, je ne trouve pas de plus belle récompense à ce métier que j’aime tant ! Merci à Joggeur pour les dossard et grand merci aussi à notre sponsor Odlo qui nous a équipé de la tête au pied !

Au suivant 😉 !

Paru dans le Joggeur #27