San José semi VS marathon

Préambule de circonstance

Des semaines d’entrainement et puis… le diagnostique tombe, « hernie abdominale » 3ème épisode « Abdominal Hernia The Coming Back ». Et oui je n’en suis pas à ma première expérience avec cette chirurgie qui traite une pathologie de l’aponévrose abdominale.

Un tissu similaire aux tendons, sans souplesse ni elasticité quelconques, contrairement aux muscles ce type de tissu subi tous les chocs sans aucune possibilité de les amortir. Résultat des comptes, une forte sollicitation de cette zone probablement due à une apnée répétée lors d’exercice avec des charges en musculation.

Le chirurgien voit ça comme une fatalité du sportif intensif, une faiblesse immuable propre à chacun de ces sportifs « on ne va pas vous supprimer le sport » m’a-t-il interrogé d’une manière affirmative lorsque je lui ai demandé les causes d’une telle récidive de ma première hernie. Pour ma part, je pense qu’une mauvaises respiration (rappelons que les abdominaux travaillent avec le diaphragme, muscle de cette respiration) lors d’exercices de musculation et de charge +/- lourdes ont doucement fragilisées jusqu’à « trouées » cette paroie abdominale, cause de mes désarrois du moment.

En effet, dès l’instant où j’ai pris connaissance officiellement de cette « blessure », le mardi 16 octobre, toute ma motivation et l’envie avec, sont retombées comme un soufflé. À 1 mois et demi de l’écheance et après 2 mois et demi d’une préparation bien lancée, les réveils sont devenus de plus en plus durs, l’envie de courir de plus en plus absente et finalement les entrainements, d’abord, de plus en plus espacés, puis allégés, et enfin presque nuls. De jour en jour et de semaine en semaine que l’échéance du marathon de San José se rapprochait ma gniack de le courir diminuait.

Les 2 dernières semaines je n’ai quasiment pas couru du tout. Complètement éteinte de mon feu de la course à pied.

J’avais planifié ce voyage depuis des mois, mon frère devait me rejoindre, pourtant l’envie de tout annuler et d’avancer mon opération me brulait comme jamais… mais 10 jours au Costa Rica avec mon frère était probablement ce dont j’avais le plus besoin après un début d’année overbooké.

Les bagages fait, j’ai pris mon vol pour San José avec comme plus grande envie, celle de découvrir un pays que je rêve depuis longtemps d’arpenter. Et oui mes voyages marathons ne sont qu’une grande excuse pour voyager.

Après coup, dans l’avion du retour, je réalise que cette condition a été pleinement remplie. Super vacances, super moments de partage avec mon frère que je ne vois que trop rarement, je reviens ressourcée. Et nous voilà décidé à reproduire ce genre de trip brother and sister !

Pour ce qui est du marathon ? M’y voici…

Marathon de San José 2018,

23ème édition, c’est important de le préciser !

23 ème édition, c’est important de le préciser parce qu’un marathon qui compte autant d’années d’existance laisserait sous entendre que c’est un marathon plutôt bien rodé, non ? Et bien ce marathon a des allures de 10 km qui se courrait dans un patelin où la course n’aurait que très peu de popularité. Un village marathon inexistant, une organisation comme jamais vue (dans le mauvais sens du terme), un départ au milieu des voitures (ou presque), un parcours digne d’un épisode de la 4ème dimension.

VILLAGE MARATHON :

Pour la petite anecdote, j’étais dans un hôtel situé à 500m du départ (et de l’arrivée aussi pour celui-ci), ni plus ni moins que ma stratégie d’organisation habituelle. Et bien dites-vous que le gérant de l’établissement n’était même pas au courant de la date du marathon. Et pour cause, je n’ai trouvé que deux maigres affiches non loin du « village marathon » situé au stade du parque Sabana.

Sur ma route à la recherche du village, je croise un couple de coureurs Ticos qui semblent être aussi perdus que moi dans leur recherche du village. Après les guichets full de retrait de places de concert ayant lieu au stade, un semblant de lieu d’expositions marathon. Une maigre « boutique » sous une tente, Polar semble être le sponsor officiel, un stand où se procurer les tee-shirt des éditions précédentes et les guichets de retraits de dossard.

Retrait des Dossards :

Contrairement aux précédents marathons que j’ai couru, le retrait des dossards s’effectuait le samedi de 9:00 à 16:00 (habituellement le retrait commence dès le vendredi et les horaires sont plutôt 10:00/19:00).

Pour point de retrait, 4 guichets : 42km (pour les inscriptions du jour mais encore fallait-il le savoir), 21km et 10km et enfin, écrit au stylo bic sur un A4 blanc, le guichet des inscriptions faites sur le net… ll fallait le voir et c’est seulement après avoir attendu au guichet du 42km (comme la logique l’aurait voulu) qu’on m’a gentiment renvoyée sur ce guichet de tout type de distances confondues. Bilan : 30′ de queue pour me retrouver face à une liste imprimée (presque manuelle) et des organisateurs dépassés qui cherchaient chaque dossard personne par personne… autant vous dire qu’on était pas arrivé. 10′ au guichet pour repartir avec le dossard, la puce (sans les attaches de celle-ci), 4 épingles à nourrice et un plan du parcours. Après 40′ je me saisissais de la dotation du tee-shirt qui en soit était de belle qualité mais un S taille homme, je ne le reporterai jamais…

PARCOURS :

Comme à mon habitude, je suis partie sans connaître le profil du marathon. Cette fois-ci j’en ai tiré une belle leçon.

La veille du marathon, juste avant le couchée, je prépare mon matériel et je me penche sur le point et l’heure du départ #asusual. Sur le moment je me suis dit que ces patates m’avaient donné le mausvais plans de course. J’étais inscrite sur le 42km mais je ne voyais q’un tour de 10 km sur le plan du marathon. Le temps de tourner le truc dans tous les sens, d’aller voir sur le net où je trouve le même plan… et puis de lire la mention écrite en plus petit et en espagnol sur le plan : « Si vous courrez 10km, courrez 1 fois cette distance. Si vous courrez le semi, courrez 2 fois cette distance, si vous courrez le marathon, courrez 4 fois cette distance »…

Autant vous dire que ma motivation, tant eût-elle été encore là, était encore descendue d’un cran… faire 4 fois le même tour, autour du parc Sabanna que j’avais déjà runné la veille pour dérouler… et la main street que javais déjà arpenté pour me balader la veille aussi… wow… « Prendrais-je ce départ ? », évidemment pour ne garder aucun regret de cette expérience Costa Rica.

LES RAVITOS :

Je n’ai pu tester les ravitos que jusqu’au second tour. Néanmoins je ne peux pas cracher sur tout. Les ravitos étaient honnêtes. De l’eau dans un format de tubes plastifiés hyper facile à rompre avec les dents et à conserver en main le temps nécessaire (je n’avais jamais vu ce type de conditionnement de flotte et pour ça, bravo les Ticos !). Dès le second tour et le 13ème kilomètres il y avait déjà des boissons isotoniques proposées dans le même format que l’eau. Si l premier tour, à juste titre, ne proposait que de l’eau, dès le second tour on pouvait trouver tout ce que l’on trouve sur les meilleures organisations de courses : fruits frias, secs, chocolat, pain d’épice, eau et isotoniques, etc…

Le seul vrai point positif de ce marathon…

MES SENSATIONS :

La veille du départ j’en étais encore à me demander si j’allais vraiment le prendre… et puis… on est tous pareil nous les coureurs, inscrite et venue de si loin, le matin du marathon me voici quand même sur la ligne du départ.

Ligne du départ ? Ne cherchez pas les SAS ils n’existent pas et comment ? Puisque 5′ avant le départ les voiture peuvent encore emprunter les routes que nous nous apprétons à courir.

A la découverte du parcours la veille je m’étais déjà et encore plus découragée mais alors à la vision de l’organisation nulle du départ, je continuais à perdre toute envie de finir ces 42,195km.

Néanmoins, à l’heure (au moins ça), 6:05 juste après le départ de la catégorie handisport, me voici lancée dans ce décors urbain insalubre de San José au milieu de coureurs plutôt locaux.

Lors du premier tour je m’élance sans envie mais le temps est clair et l’air déjà tiède, c’est agréable. Je découvre ce parcours sans magie, et observe dès lors désoeuvrée, les coureurs s’arrêter un plein milieu d’un aller-retour tout juste délimité par une cordelette tendu au sol, pour prendre la route de la boucle retour (ou, comment griller du temps et des kilomètre sur une épreuve supposée être « chronométrée »)… l’absence d’organisation et de bipe permettait de toute évidence ce genre de fantaisie à laquelle je n’accorde aucune compréhension… Je ne garderai aucun plaisir d’une course où j’aurai triché, anyway…

Contre toute attente je boucle ce premier tour en retrouvant une certaine euforie de la course à pied. 10,8km/h sans forcer… je réalise que mon entraînement très parsemé depuis le 12 octobre (rappel : date à laquelle j’ai pris connaissance de ma hernie abdominale) a tout de même porté ses fruits. Je ne sis pas au top mais je ne souffre pas non plus, bien au contraire. Au 9ème kilomètre je me dis que finalement, en me disposant psychologiquement à effectuer 4 tours identiques, je pourrais finir ce marathon aux allures de tour de piste.

Cet élan s’est doucement éteint lorsque qu’au passage du 10km je n’ai aperçu aucun bipage des puces… Toujours aucun contrôle, aucun repère auquel je suis attachée pour progresser positivement sur un marathon. Ma vitesse a lentement déclinée avec mon envie et ma montée d’endorphine du 9ème.

Dès le 13ème kilomètre j’étais décidée à abandonner cette course définitivement désastreuse. Je me suis alors fixée le semi (le minimum que je m’impose sur l’épreuve du marathon), qui s’arrêtait exactement devant mon hôtel (hasard ou coïncidence, les choses sont parfois bien faites), pour stopper cette course au parcours et de à l’organisation lamentable.

Au passage du 21km, l’absence évidente de bipe et donc de repère m’ont encore plus confortée dans mon choix.

Aucune souffrance physique sur ce marathon, même si à 8:00 déjà on commencé à souffrir de la chaleur, mais une grande solitude et souffrance psychologique face à ces kilomètres insipides et sans saveurs.

En lisant les commentaires des finishers plus tard dans la semaine, j’aprenais que certains coureurs avait couru trop longtemps ayant manqué la bifurcation vers l’entrée du stade où se trouvait la META, la ligne d’arrivée… Symbolique de toute l’organisation, une dernière information qui m’a complètement ôtée tout regret de n’avoir aps été au bout de ce 42,195km.

LA MEDAILLE :

Comme vous l’aurez compris, je n’ai pas ramené cette médaille et la photo ci-dessus (de très mauvaise qualité je m’en excuse) je l’ai volé sur la page facebook du marathon. Un coureur finisher de cette 23ème édition poste cette photo complètement épharé de constaté que l’organisation avait simplement écoulé son stock de l’an dernier en se contentant d’en barrer l’édition n°22…

« je n’avais jamais vu ça de mes yeux vu ! »

Et moi qui court juste pour la médaille… autant vous dire que j’auari été écoeuré de devoir aligner celle-ci aux autres gagnée parfois dans la souffrance, mais toujours par le plaisir de la course à pied. Une raison de plus qui ne me donne aucun regret d’avoir stoppé la course avant la fin.

VAINCEUR :

SAN JOSÉ :

San José, Capitale du Costa Rica, est une ville très étendue aux allures de Los Angeles mais dans sa version pays émergent.. plutôt insalubre et urbaine, polluée, malgré quelques batiments dans la vieille ville, encore préservés et architecturalement plutôt jolis donnant enfin une âme chaleureuse et « historique » à la capitale Tica !

Nous avons pu découvrir des restaurants et des quartiers très modernes grâce à une amie locale mais en dehors de son musée de l’or et de son théatre national, San José ne nous a pas offert de très grands moments. Peut-être avons-nous manqués de temps ? Mais je ne garde pas un souvenir immuable de San José.

PETITE ANNEXE DE CIRCONSTANCE :

Annexe qui me servira à conclure …

… que s’il y a un marathon que je ne vous recommande absolument pas, pire… que je vous décommande totalement en l’état actuelle d’organisation, c’est celui-là ! Le Marathon de San José au Costa Rica !

* Coralie *